Il y a des expressions qui me font marrer.

« Tomber enceinte » en fait partie.

Parce que tomber, je vois bien ce que c’est, rapport au fait que ça m’est arrivé un paquet de fois… mais après j’étais pas enceinte, au mieux j’avais un beau bleu, de préférence bien visible…

Aux dire de mon Gynéco préféré, allias Mister Surfer, ma chute datait du 5 janvier…

Pour tout te dire, j’ai une excellente mémoire, et cette date là, au moment où il m’en a parlé, ben je m’en souvenais comme si c’était la veille…

La veille de ma glissade, je venais d’apprendre que je commençais un nouveau job en intérim le lendemain…

Un poste « génial », en fait un remplacement maladie dans une société immobilière avec gestion de projets de constructions, de travaux d’entretiens, agenda d’un directeur « super cool »,… bon, ça promettait de m’occuper et d’être varié…

Je me souviens pertinemment que j’avais baratiné mon agence d’intérim pour commencer ma mission le surlendemain plutôt, parce que le 5 janvier, je devais déjeuner avec ma meilleure amie…

Je me souviens même qu’on est allées dans un super petit restau dans lequel je suis retournée quelques mois plus tard, par hasard, avec toute ma belle famille pour l’anniversaire de ma belle-mère…

Je me souviens enfin que j’avais dégusté un velouté de courge à tomber et que j’avais, encore une fois, passé un excellent moment avec A.

Mais ce que je sais avec la plus grande certitude, c’est que je ne suis pas DU TOUT tombée, de toute la journée…

Le 6 janvier, lendemain de ma soit disant dégringolade, je partais donc affronter la froidure hivernale de ce tout début d’année, très en avance, afin de trouver mon nouveau lieu de travail.

Je l’ai déjà dit, mal foutue, j’ai le sens de l’orientation de la moule qui ne quitte pas son rocher, de peur de se paumer…  

Alors en cas de nouveau job dans un quartier que je ne connais pas, je pars tôt… très tôt…

Je finis par trouver ce jour là, et je prends connaissance de mon lieu de travail…

« Lieu de travail »… c’est parfois un bien grand mot aussi, notamment quand il s’agit d’un bureau posé dans un couloir en haut d’un escalier…

À se demander si la nana en « congé maladie » ne se serait pas vautré dans l’escalier en allant se chercher un café en fait…

Ma mission pouvait commencer…

Quand tu remplaces quelqu’un « au pied levé », tu n’as forcément pas de formation ni sur le matériel, les logiciels utilisés, ni sur les habitudes de l’entreprise, alors forcément, en dehors de toutes les tâches qu’une assistante sait réaliser, il y a toute une partie du job que tu ne fais pas…

Et là encore, c’est pas bien malin de rester un pied en l’air… surtout perchée en haut d’un escalier…

Quoiqu’il en soit, malgré mes capacités et ma bonne volonté, mon chef « Super cool » a eu une idée de génie…

Tiens, et si j’utilisais l’intérimaire pour pallier au défaut de classement de mon assistante habituelle ?!!!

C’est un truc qui arrive parfois… faut reconnaître que les assistantes n’ont pas forcément ni le temps, ni l’envie de classer les dossiers…

Moralité, parfois, il est bon qu’elles tombent malade pour qu’une intérimaire dévouée le fasse à leur place….

Le hic quand tu es dévouée, c’est qu’au terme du classement des dossiers fraîchement clos, tu fais tellement bonne impression que… le chef se dit qu’il faudrait aussi te faire archiver les 10 dernières années… à la cave… pour faire de la place aux 10 prochaines années…

Fabriquer les boites d’archive,

Monter les dossiers d’un étage 10 par 10,

Remplir les boites d’archive,

Descendre les boites d’archive de 2 étage…

Vu que c’était « Chef super cool » qui décidait du procédé d’archivage du bazar, c’était pas forcément logique…

Et on descend, on remonte chargée comme une bourrique, on redescend encore plus chargée, toute la journée…

Arrive le vendredi, et avec une grosse grosse fatigue…

Et là, je me souviens encore très très bien de ce vendredi, le premier de ma grossesse…

Si je m’en souviens, c’est parce qu’il s’est mis à neiger, fort, très très fort, tant et si bien, que les infos ont commencé à annoncer que les bus seraient bientôt hors services, probablement aux alentours de 16h et je finissais à 17h30…

J’étais à l’autre bout de la ville et « Chef super cool » était en déplacement…

Dès 15h, l’angoisse monta un peu surtout parce que ma « Montagne » Lyonnaise est coupée du reste de la ville dès le 1er centimètre de neige…

C’est alors qu’un miracle se produit, « Chef super cool » m’appelle pour me dire qu’il est en route pour sa maison… je lui parle de la neige et des bus qui vont s’arrêter vers 16h quand dans sa grande mansuétude, il me dit que je peux rentrer plus tôt… à 17h00…

En raccrochant, je crois bien que ma couleur était plus proche du vert que du rose bonbon…

Un collègue s’en rend compte et me demande ce qui m’arrive, je lui explique que je vais probablement devoir rentrer à pieds, lui, est en voiture, on discute un peu et je découvre qu’il habite juste le quartier à côté de chez moi !

J’ai presque envie de crier de joie…

Quand il me répond… qu’il ne préfère pas faire de détour sur le chemin de son chez lui…

C’est comme ça que ce 1er vendredi de grossesse, je suis rentrée à pieds, dans une déjà grosse couche de neige, sous de gros flocons bien collants, mais SANS tomber !

De toute cette histoire et de ce début de petite vie musclé, s’il y a une expression que je comprends bien et que je retiens par-dessus tout, c’est l’expression bébé « bien accroché » parce qu’il est certain que Loulou, lui, l’était !

À bientôt !