Mon Chéri, mon amour, ma vie,

 

Si la Magique Internet tient ses promesses, tu trouveras peut être un jour, au détour d’une vieille page mémorisée, dans le cœur électronique d’un vieux server, cette lettre qui t’est adressée.

En ce 1er janvier 2044, tu auras 33 ans et je me demande quelle mère j’aurai été…

Aujourd’hui, j’espère être celle qui saura, toute ta vie, être là sans t’étouffer, te guider sans t’imposer, t’aimer sans réserve.

Mais qu’en sera-t’il vraiment…

J’imagine déjà qu’au moment où tu liras ces lignes je serai celle que tu essaie d’appeler une fois par semaine pour donner des nouvelles, et en prendre… un peu ; celle à laquelle tu as du mal à penser dans ta vie bien occupée par ce travail qui te plait tant, par cette femme que tu as rencontré et qui va ou a déjà, peut être, fondé avec toi une famille…

Tu lèveras les yeux au ciel de mes questions qui te sembleront parfois absurdes sur ce monde que je ne comprendrai plus, qui d’un coup, ira trop vite pour moi.

Et comme beaucoup d’enfants tu ne te demanderas que trop tard, quand je ne serai plus là, qui j’ai été vraiment.

Avant toi, j’ai été une enfant aussi, une enfant qui te ressemblait beaucoup. Joyeuse et insouciante, entourée et choyée.

Une enfant unique et pourtant jamais seule car entourée de ses cousines, ses presque-sœurs, qui jouait à la poupée et, aimait rêver…

Puis j’ai été une jeune fille, une jeune femme, qui s’amusait de la vie et ne pensait pas au lendemain.

Les études, les sorties, les ami(e)s… toutes les choses normales qu’on fait quand on a 20 ans…

Ensuite j’ai été une femme, qui est tombée amoureuse d’un homme, mais pas n’importe lequel, l’Homme d’une vie…

Enfin tu es arrivé dans ma vie… et mon sourire ne dépendait plus que du tiens.

Dans les tous premiers mois, j’étais celle qui te berçait, te câlinait, celle qui te nourrissait avec amour, celle qui caressait tes cheveux doucement, du bout des doigts, pour t’apaiser, qui changeait des couches et te donnait le bain, en extase devant chaque mimique de ton petit minois, chaque « gre bre » que tu faisais…

Le temps a passé, je suis devenue celle qui te rassurait quand un chagrin te brisait le cœur, celle qui veillait sur toi quand la fièvre te brûlait, celle qui sortait ses griffes et devenait louve quand on te voulait du mal et qui chassait les monstres effrayants, imaginaires ou pas.

Mon cœur s’est si souvent serré de ne pas pouvoir te protéger parfois…

Tu as encore grandi… puis du premier câlin du matin, quand il fallait te sortir du lit pour aller à la crèche puis à l’école, ce moment privilégié où tu tendais tes petits bras vers moi et tu blottissais ton petit nez dans mon cou, jusqu’au moment où tu courais vers moi en riant et en criant « maman ! » le soir quand je venais te chercher, je ne pensais qu’à toi qui commençait te vie loin de moi…

J’ai été celle aussi, parfois, qui te grondait, et vers qui tu levais de grands yeux un peu triste de voir Maman se « fâcher », ces quelques fois-là, sache que j’en souffrais plus que toi…

Mais au fond de moi, je suis surtout celle qui aura tenu ta main pendant des heures, en attendant que le sommeil t’emporte au pays où les doudous frôlent les étoiles ; celle pour qui tu seras toujours ce petit bébé, si beau, si fragile, né un beau jour de septembre 2010…

Alors mon Chéri, mon Amour, ma Vie, en ce 1er janvier 2044, puisque c’est le jour des vœux, je voulais te souhaiter de Bonnes Années, toutes aussi heureuses que celles que j’aurai vécu depuis toi ;

que tu deviennes celui que tu veux, que tu découvres l’Amour avec un grand « A » comme celui que je vis avec ton Papa, que tu connaisses le bonheur immense d’avoir un enfant, qu’il ou elle soit aussi merveilleux que tu l’as été et que, j’en suis sure, tu seras.

Je t’aime